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M. Jacques-Yves Cousteau, ayant été élu par l’Académie française à la place laissée vacante par la mort de M. Jean Delay, y est venu prendre séance le jeudi 22 juin 1989, et a prononcé le discours qui suit :

Messieurs,
Depuis que vous m’avez fait l’honneur de m’élire dans votre illustre Compagnie, j’ai senti s’étendre progressivement sur moi l’ombre immense d’un homme exceptionnel, dont l’œuvre m’était étrangère, que je n’avais jamais rencontré, et dont il m’incombait de prononcer l’éloge.

Quelle ironie, pensais-je, d’avoir désigné pour parler du maître de la psychophysiologie moderne un explorateur de la mer ? Quels rapports entre l’analyse des dérèglements de la pensée et l’étude du comportement des créatures qui peuplent les océans ? Comment le marin qui cherchait d’impossibles nourritures terrestres, comme Gilgamesh, au fond des eaux, pourrait-il décrire l’itinéraire hésitant du chercheur tiraillé, au cimetière de Lofoten, entre Milosz, Gide, Nietzsche et Rilke ?

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